Paroisse La Résurrection
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Croissance de la foi des adultes

...Suite 5

Faut-il croire?

Faut-il croire?

 

Nous sommes plus qu’autrefois en contact avec des adeptes de toutes les grandes religions du monde, et avec leurs croyances. Il devient donc plus facile actuellement, pour qui veut adhérer à une religion, de faire un choix non seulement parmi les religions chrétiennes, mais aussi parmi toutes les autres grandes religions du Monde.

 

On peut se demander si, au nom de la science et de la rationalité,  l’on ne devrait pas rejeter toutes les croyances et toutes les religions, en particulier celles qui sont érigées dans des systèmes qui prétendent en assurer leur véracité et leur permanence.

Nous vivons de plus en plus dans une société qui favorise une approche scientifique de la réalité. Certaines associations de chez nous, comme Les Sceptiques du Québec www.sceptiques.qc.ca tentent d’ailleurs d’exercer une certaine vigilance en ce sens en dénonçant les croyances ou les systèmes de croyances qui ne sont pas fondés scientifiquement.

Quelle approche doit-on privilégier? Faut-il rejeter systématiquement toute croyance ou tout système de croyance? N’y a-t-il pas des croyances qui ont un effet bénéfique sur ceux qui y adhèrent? Si nous regardons autour de nous, ne voyons-nous pas des personnes qui tout en étant équilibrées et heureuses adhèrent consciemment à un certain nombre de croyances, n’en sont pas esclaves, et en retirent même beaucoup de bonheur? L’important n’est-il pas d’être conscient que les croyances auxquelles nous adhérons sont bel et bien des croyances, que c’est bien à ce titre que nous y adhérons, et que cela ne nous interdit pas d’être ouverts à l’apport de vérités nouvelles, en particulier celles qui nous proviennent des milieux de la recherche scientifique et universitaire?

 

On ne peut pas prétendre qu’une religion est plus vraie qu’une autre.

Comparons un instant la religion avec les langues parlées et écrites. Peut-on dire qu’une langue est plus vraie qu’une autre? Que la langue française, par exemple, qui n’a une existence légale que depuis quatre siècles est meilleure qu’une autre langue? S’il est normal pour un francophone d’affirmer que la langue « de chez nous » est la plus belle langue du monde, n’est-il pas normal aussi pour un anglophone de croire que la langue de Shakespeare est la plus belle de toute et pour un Italien d’affirmer que la langue de Dante est la plus jolie de toutes? Et pourtant, aucune de ces langues n’est plus « vraies » qu’une autre. Il en est de même des religions. Il est normal de croire que celle à laquelle on appartient est la meilleure et la plus authentique; mais c’est une erreur de prétendre qu’une religion est plus « vraie » qu’une autre, que les croyances de l’une sont plus vraies que celles d’une autre : comment des croyances peuvent-elles êtres plus vraies les unes que les autres, puisque de toutes façons, il s’agit justement de croyances?

 

Il n’appartient qu’à nous de décider si nous voulons adhérer à des systèmes de croyances et surtout quelle part de nous-mêmes nous voulons y engager.

En définitive, après avoir pris conscience de l’existence de croyances, de leur valeur ou de leur utilité, il appartient à nous de décider si nous voulons y adhérer ou si nous voulons les combattre. Et si nous avons décidé d’adhérer à tout un système organisé de croyances religieuses au sein d’une religion officielle, quelle partie de nous-mêmes voulons-nous y consacrer? Ne devrait-on pas s’assurer qu’une telle adhésion nous permettra de garder un regard critique sur les croyances auxquelles nous avons adhéré, qu’elle nous autorisera à demeurer maîtres de nos pensées et libres de choisir nos comportements?

Adhérer à la religion catholique au Québec, ou y revenir, c’est considérer que cette religion, qui a développé un système organisé complexe de croyances, de pratiques et de codes de vie, nous convient. C’est juger qu’il y a moyen de conserver sa liberté de pensée à l’intérieur de cette religion qui est davantage structurée et contraignante que d’autres religions chrétiennes ou non-chrétiennes; c’est juger qu’elle peut nous permettre de vivre une vie plus heureuse.

La fonction ultime des religions n’est-elle pas de créer les meilleures conditions possibles pour permettre aux hommes et aux femmes de traverser l’existence en donnant un sens à leur vie, en leur permettant de se réaliser, en les amenant à plus de bonheur? Faut-il croire? Pourquoi pas…

 


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