Croissance de la foi des adultes
...suite 4
Les
religions et leurs croyances
1. Une définition de la religion
2. De quelques considérations générales sur les
religions
3. Les religions chrétiennes et quelques unes de leurs
croyances de base
4. Les religions catholiques et quelques unes de leurs
croyances de base
5. La religion catholique romaine et quelques unes de ses
croyances de base

Les religions et leurs croyances
1. Une définition de la religion
Une religion ne se définit pas uniquement par ses
croyances
Les religions
se développent autour de certaines croyances. Il serait faux de croire
cependant que les croyances constituent l’essentiel d’une religion;
bien au contraire, les croyances ne représentent qu’un aspect de la
religion. Avant donc d’examiner quelques croyances de quelques
religions, il nous faut d’abord voir comment on définit ce qu’est
une religion. La définition qui suit nous apparaît la plus
intéressante, puisqu’elle peut s’appliquer à toutes les grandes
religions du monde :
Une religion est un système culturel qui permet à des
hommes et à des femmes de se lier ou de se relier entre eux par une
adhésion commune à un certain nombre de croyances, par l’accomplissement
de rituels communs, et par des pratiques fondées sur ces croyances.
Reprenons
maintenant, dans ses grandes idées, cette définition de la religion.
Une religion est un système culturel…
Une religion
est d’abord un « système culturel » : cette
expression est importante à retenir. Même quand elles prétendent à l’universalité,
les religions demeurent des phénomènes culturels : elles ont
toujours une origine dans un milieu culturel bien déterminé, elles ont
leur propre culture et elles prennent racine et se développent dans des
milieux culturels ou sociaux déjà définis.
Les religions
naissent et se développent dans un lieu donné, dans une société qui
a déjà ses caractéristiques culturelles propres. Les religions
abrahamiques (judaïsme, christianisme et islam) se sont développées
au Moyen-Orient, dans un milieu où il existait déjà beaucoup d’autres
religions et où il y a toujours eu beaucoup d’échanges commerciaux
et culturels. L’histoire, d’autre part, des religions védiques
(hindouisme, bouddhisme et jaïnisme) est inséparable de l’histoire
de l’Inde, un pays qui a toujours entretenu, de la même façon de
nombreux échanges commerciaux et culturels aussi bien avec l’Occident
qu’avec l’Orient.
Voyons donc
brièvement l’origine de quelques unes des principales religions
contemporaines. C’est donc en Inde, à une époque lointaine que l’on
estime à au moins deux milles ans avant J.-C., que s’est développé
l’hindouisme; on ne lui connaît pas de fondateur, mais ses premiers
textes sacrés, dans le Rig Véda, viennent de peuples envahisseurs
venus d’Asie centrale. Le judaïsme lui, s’est développé un peu
plus tard à partir du XIXè siècle avant J.-C. autour de la figure d’Abraham;
très tôt, ses descendants sont mis en contact avec de grandes
civilisations de l’époque (Égypte, Mésopotamie…). Le bouddhisme, de son côté, s’est
développé à la frontière de l’Inde et du Népal au VIè siècle
avant Jésus-Christ : son fondateur, que l’on désigne sous le
nom du « Bouddha », est le prince Siddhârta Gautama. Le
christianisme, lui, s’est développé dans l’Empire romain; au
centre de cette religion se trouve Jésus de Nazareth, qui vécut en
Palestine, dans ce qui constitue aujourd’hui l’État d’Israël; c’est
aux premiers apôtres, en particulier à saint Paul, que l’on doit sa
diffusion dans l’Empire romain. L’Islam a été fondé au VIIè
siècle après J.-C. en Arabie par le prophète Mahomet; Mahomet a
réussi à imposer cette nouvelle religion à l’Arabie à l’aube de
son expansion et la diffusion de cette religion est donc liée à l’expansion
même du Monde arabe.
Les fondateurs
des religions sont donc issus de milieux culturels et sociaux bien
déterminés dont ils faisaient intégralement partie; ils connaissaient
la religion de leurs compatriotes et ils l’ont sans doute pratiquée
eux-mêmes; les religions qu’ils fondent ne sont pas sans liens avec
la culture et les valeurs de la religion et de la société à laquelle
ils appartenaient déjà.
… qui permet à des hommes et à des femmes de se lier
ou de se relier entre eux par une adhésion commune à un certain nombre
de croyances…
Toutes les
grandes religions du Monde permettent à des hommes et à des femmes de
former des liens d’appartenance plus serrés que la simple
appartenance à leur milieu civil ou social. L’intérêt des religions
est de permettre à leurs membres une plus grande cohésion au niveau,
notamment, de leurs croyances. Les religions sont fondées en effet sur
une adhésion à un certain nombre de croyances de base : certaines
de ces croyances se retrouvent dans plusieurs religions mais d’autres
croyances n’appartiennent qu’à une seule religion. L’existence en
un Dieu unique, par exemple, est commune au judaïsme, au christianisme
et à l’Islam, mais la croyance en un Dieu en trois personnes est une
croyance propre au christianisme. C’est en référence à leurs
propres croyances que les religions proposent à leurs membres un sens
à l’existence humaine; c’est
en fonction de ces mêmes croyances qu’elles leur suggèrent des
objectifs personnels et collectifs à atteindre et qu’elles proposent,
enfin, un code de vie et des règles à suivre.
… par l’accomplissement de rituels communs…
Les religions
ne sont pas seulement des systèmes proposant un certain nombre de
croyances; elles suggèrent aussi des rituels à accomplir, parfois
selon une fréquence déterminée; ces rituels sont souvent associés à
des fêtes qui peuvent être liées aux saisons ou encore à d’autres
formes de calendrier comme le calendrier lunaire dans le judaïsme et
dans l’Islam.
Parmi les
rituels communs à la plupart des religions, il y a les rituels d’initiation.
Mais comme les croyances sont différentes d’une religion à l’autre,
les rituels peuvent varier de façon importante. Dans la plupart des
religions, par exemple, la croyance veut qu’on hérite automatiquement
de la religion de ses parents : chez les juifs et les musulmans,
où l’on hérite ainsi automatiquement de la religion de ses parents,
les garçons se soumettront néanmoins à un rituel d’initiation qui
est la circoncision. Dans les religions chrétiennes, par contre, la
croyance veut que l’on n’hérite pas automatiquement de la religion
de ses parents; pour devenir chrétien, il faut se soumettre
obligatoirement à un rituel d’initiation bien précis : c’est
ce rituel que l’on appelle le « baptême ».
… et par des pratiques fondées sur ces croyances.
Les religions
proposent, finalement, des systèmes de valeurs (valeurs humaines,
valeurs morales) qui ont une influence sur les pratiques morales et sur
les comportements de leurs adhérents. Une des valeurs les plus
importantes pour les bouddhistes, par exemple, c’est la compassion; c’est
une valeur aussi importante et essentielle que peuvent l’être pour
les chrétiens, la charité et la pratique du pardon. Il s’agit là,
normalement, de pratiques qui doivent marquer de façon perceptible la
vie de ceux qui y adhèrent.
2. De quelques considérations générales sur
les religions
De nos jours,
la plupart des grandes religions prétendent à l’universalité; elles
permettent à des hommes et à des femmes de sociétés différentes et
de cultures différentes d’y adhérer et de former une grande famille
universelle. Une de ces religions, on le sait, porte même le nom de « catholique », qui
signifie explicitement qu’elle se veut « universelle ». Il est bien vrai en effet qu’il
est plus facile aujourd’hui, dans un grand nombre de sociétés, et
quelle qu’en soit la culture, de choisir sa religion en fonction de
ses besoins personnels de spiritualité, de ne plus être obligé d’adhérer
automatiquement et inconditionnellement comme autrefois à la religion
de ses parents ou de la société à laquelle on appartient. Mais encore
aujourd’hui, si l’on naît en Occident, les chances d’adhérer au
christianisme sont beaucoup plus grandes que si l’on naît au
Moyen-Orient ou en Asie. Naître au Québec, c’est naître dans un
milieu culturel qui a été fortement imprégné par le christianisme,
et plus particulièrement par la religion catholique; les chances de s’identifier
comme « catholique », ou du moins comme
« chrétien » y sont donc
grandes.
Il est possible
de ne faire partie d’aucune religion, d’avoir des convictions ou des
croyances qui ne sont pas de nature religieuse, de s’engager dans la
société et de lutter en faveur de l’humanité au nom de principes
philosophiques ou humanitaires et de vivre ainsi heureux toute sa vie.
Bien que les grandes religions soient généralement acceptées dans la
plupart des sociétés, il y a des gens qui considèrent cependant que
les religions sont des obstacles à l’émancipation de la pensée.
Pour comprendre ce point de vue, on peut par exemple consulter à ce
sujet, sur l’Internet, le site Libre-pensée www.libre-pensee.qc.ca .
On
peut affirmer cependant, qu’un adulte responsable qui adhère à une
religion a toujours la responsabilité s'interroger sur la religion qu’il
a choisie, de voir si elle lui permet de conserver sa liberté de
pensée et de jugement. Certaines sectes ou certaines religions, cela
est bien connu, abusent de la crédulité de leurs membres et leur
imposent, sans possibilité de les remettre en question, des croyances,
des valeurs ou des comportements qui sont pourtant discutables; ce n’est
pas le cas, heureusement, de la plupart des grandes religions.
Il appartient à chacun d’apprécier, en adhérant à
une religion, si cette adhésion lui permet de conserver sa pleine
liberté de pensée, de jugement et d’action.
Il paraît donc
important qu’au moment d’adhérer à une religion, ou d’y adhérer
à nouveau par une profession de foi par exemple, ce choix soit fait de
façon éclairée et libre; et même après cette adhésion, il devrait
être possible en tout temps de porter un regard critique sur sa
religion, tant sur ses croyances que sur ses rituels et sur les
pratiques de vie qu’elle prône.
3. Les religions chrétiennes et quelques unes de
leurs croyances de base
Les sources
premières du christianisme se retrouvent dans quatre livres principaux
appelés les Évangiles : ces évangiles, ainsi que d’autres
écrits reconnus par les Chrétiens, racontent la vie de Jésus de
Nazareth, un Juif ayant vécu en Palestine, dans l’actuel Israël. Ce
Jésus, aussi appelé « le Christ », y est désigné comme
le « fils de Dieu ». L’existence historique de Jésus de
Nazareth n’est pas mise en doute par les Chrétiens, ni par les
non-chrétiens; pour les Musulmans par exemple, Jésus est désigné
sous le nom d’Isa et il figure parmi les grands prophètes de l’Islam;
il est considéré comme le dernier grand prophète qui soit venu avant
Mahomet.
Les religions chrétiennes sont des religions qui se
sont développées à la suite de l’existence historique de Jésus de
Nazareth, aussi appelé « le Christ », et autour de ses
enseignements.
Les quatre
évangiles sont essentiels pour connaître Jésus : ils sont
attribués à quatre apôtres du « Christ » : Marc,
Luc, Matthieu et Jean. Il y a aussi le Livre des Actes des Apôtres qui
raconte l’histoire des premières communautés chrétiennes. Parmi les
autres écrits, il y a des Épîtres qui ont été écrites par les
premiers apôtres, en particulier par saint Paul; on considère même
que, par l’importance de ses écrits et de son action missionnaire, l’apôtre
Paul, qui n’est pas l’un des douze apôtres de Jésus et qui ne l’a
pas connu personnellement, est l’un des principaux fondateurs du
christianisme : il n’est pas certain en effet que sans l’action
dynamique de Paul le christianisme aurait réussi à survivre à ses
premières années d’existence.
Ceux qui
adhèrent à l’une ou l’autre des religions chrétiennes s’intéressent
d’abord à la vie de Jésus, le Christ, et à ses paroles; ils sont
impressionnés par son comportement avec les personnes qu’il
rencontrait sur son chemin, en particulier avec les personnes qui
souffraient. Ceux qui adhèrent à l’une des religions chrétiennes,
acceptent aussi d’adhérer aux principales autres croyances que ces
religions ont élaborées par la suite.
Les principales croyances des religions chrétiennes
sont énumérées dans le « Symbole des Apôtres » :
croyance en un Dieu père, croyance que Jésus est le Fils de Dieu,
croyance en l’Esprit Saint et croyance que tous les trois ensemble
constituent un Dieu en trois personnes; croyance en la résurrection de
Jésus après sa mort, croyance en la rémission des péchés, croyance
en la résurrection de la chair et croyance en une vie éternelle.
Les principales
croyances des religions chrétiennes sont énumérées dans le
« Symbole des Apôtres » : croyance en un Dieu en trois
personnes : le Père, le Fils, nommément Jésus de Nazareth, et l’Esprit
Saint; croyance que Jésus est né d’une vierge : sa mère s’appelle
Marie; croyance en la résurrection de Jésus trois jours après sa
mort; croyance en la rémission des péchés; croyance en la
résurrection de la chair et croyance en une vie éternelle.
Les Chrétiens
partagent au sujet de Jésus de Nazareth, la croyance qu’il était le
« fils de Dieu », ou Dieu lui-même : Jésus lui-même
n’a jamais affirmé comme tel qu’il était le Fils de Dieu, puisqu’il
se proclamait le « Fils de l’Homme ». Cette croyance, qui
pour les chrétiens est une « vérité de foi », est la
croyance de base des religions chrétiennes et aucune religion actuelle
ne propose une croyance similaire; une croyance similaire existait
cependant, lors de la naissance du christianisme, dans les religions de
l’Empire romain; l’empereur romain, par exemple, portait le titre de
« fils de Dieu ».
Certaines croyances du christianisme sont communes avec
celles d’autres religions, telle la croyance en un Dieu unique…
La croyance en
un Dieu unique n’est pas une croyance universelle, mais c’est une
croyance commune aux religions sémitiques, c’est-à-dire à celles
qui se rattachent par filiation à Abraham : le Judaïsme, le
Christianisme et l’Islam. Dans ces trois grandes religions
universelles, on croit donc en l’existence de Dieu, en l’existence d’un
Dieu unique : on dit donc de ces religions qu’elles sont
« monothéistes ». Cette croyance en un Dieu unique remonte,
en réalité, à une période encore plus lointaine; c’est en effet
grâce à une femme, la reine d’Égypte Néfertiti, que cette croyance
a été imposée dans la religion égyptienne et ce, en 1360 avant J.-C.
On pourrait
penser que la croyance en un Dieu unique est une croyance commune à
toutes les religions. Mais il n’en est rien : dans l’hindouisme,
on croit en l’existence de plusieurs dieux qui sont des émanations d’une
Énergie universelle mal définie, alors que dans le bouddhisme, il n’y
a pas de Dieu : toute la spiritualité bouddhiste est en effet
centrée sur l’homme et sur sa recherche de la vérité; la voie pour
y parvenir est le Dharma que Bouddha lui-même a fini par incarner. D’ailleurs,
Bouddha lui-même disait au VIè siècle avant J.-C., que « celui
qui voit Dharma me voit; celui qui me voit voit Dharma ».
… ou la croyance en une vie éternelle.
Dans la plupart
des religions, on croit que l’homme possède une âme et que cette
âme serait éternelle; le destin de cette âme diffère cependant selon
les religions. Dans les religions chrétiennes, tout comme dans le
judaïsme et dans l’Islam, on croit en l’éternité de l’âme; par
la croyance en la résurrection de la chair, on professe même que cette
âme éternelle réintégrera la chair lors d’une éventuelle
résurrection des corps. Cette croyance n’est cependant pas partagée
par l’hindouisme et le bouddhisme : dans ces religions, on croit plutôt que
l’âme est « condamnée » à se réincarner une multitude
de fois dans la matière; or cette imbrication de l’âme avec la
matière constituerait un état de souffrance; ceux qui adhèrent à ces
religions mettent donc leur espoir en la délivrance finale, c’est-à-dire
en la fin, une fois pour toutes, de toute « réincarnation »
et ce, dans l’espoir d’accéder, à terme, en une libération totale
et finale d’avec la matière; on est donc loin de la croyance
chrétienne en la « résurrection de la chair ».
Certaines croyances du christianisme ne sont pas
partagées par l’ensemble des Chrétiens.
Le
christianisme s’est rapidement répandu dans tout le Monde connu, ce
qui n’a pas été sans entraîner un certain nombre de divergences
concernant l’interprétation de certaines croyances et sans entraîner
certains conflits de pouvoir concernant son organisation et son
leadership.
Les divergences sur les croyances ont été des
occasions pour permettre des réflexions en profondeur sur certaines d’entre
elles; ces réflexions ont
mené à la proclamation de dogmes, qui constituent l’interprétation
officielle de la croyance à laquelle doivent adhérer les Chrétiens.
Les divergences
sur les croyances ont été des occasions pour permettre des réflexions
en profondeur sur certaines croyances, ou « points de foi »,
et ces réflexions ont souvent mené à la proclamation de dogmes. Un
« dogme » représente l’interprétation qui doit
prévaloir dans une croyance de la foi chrétienne, une « vérité
de foi »; et c’est cette opinion officielle qui doit être
reconnue par tous les chrétiens : le défaut de s’y soumettre
peut provoquer l’excommunication, c’est-à-dire l’exclusion de
croyant de sa propre Église.
Il est arrivé
que des communautés chrétiennes entières aient refusé d’adhérer
à une interprétation, à une « vérité de foi », et se
séparent : c’est ce que l’on appelle un schisme. On se
retrouve donc aujourd’hui avec de nombreuses Églises ou Communautés
chrétiennes qui, tout en se proclamant chrétiennes, ne partagent pas
toutes les mêmes croyances.
Parmi les
Communautés ou Églises que l’on retrouve aujourd’hui au sein
du christianisme, on peut mentionner les suivantes : les
Orthodoxes, les Catholiques, les Mennonites, les Luthériens, les
Calvinistes, les Anglicans, les Méthodistes, les Épiscopaliens, les
Baptistes et les Presbytériens; il y a aussi d’autres Communautés ou
Églises qui, sans être reconnues comme chrétiennes par les autres, ne
se réclament pas moins du christianisme, comme les Témoins de
Jéhovah, les Mormons et les Moonistes.
Chacune de ces Églises ou Communautés en est venue à
systématiser, au sein du système culturel qui lui est propre, son
propre corpus de croyances « chrétiennes ».
Les croyances chez les chrétiens s’expriment à
travers des rituels appelés « sacrements ».
Comme pour
toutes les autres religions, les religions chrétiennes ont des rituels
dont les principaux sont appelés des « sacrements » :
leur nombre varie selon la religion chrétienne concernée et à l’intérieur
même des religions chrétiennes selon les époques : le Sacre des
Rois est un sacrement qui est tombé en désuétude mais qui existe
encore chez les Anglicans : la Reine Élizabeth II a reçu ce
sacrement lors de son intronisation en 1952.
Le sacrement de base de toutes les religions
chrétiennes est le sacrement du Baptême : il n’est pas
seulement un rituel d’initiation, mais il est le rituel d’entrée
obligé dans le christianisme.
Le sacrement de
base de toutes les religions chrétiennes est le sacrement du Baptême
qui constitue bien plus qu’un rituel d’initiation, puisqu’il est
le rituel d’entrée dans la communauté chrétienne : en effet,
dans le christianisme, contrairement à beaucoup d’autres religions,
on ne devient pas chrétien parce que l’on est né de parents
chrétiens; pour devenir chrétien, il faut obligatoirement se soumettre
au rituel du baptême : telle est la croyance des Églises
chrétiennes concernant le privilège d’en faire partie.

4. Les religions catholiques et quelques unes de leurs
croyances de base
Une religion chrétienne est considérée comme
« catholique » lorsqu’elle reconnaît l’autorité du pape.
Une religion
chrétienne est considérée comme « catholique » lorsqu’elle reconnaît l’autorité du
pape. Le mot « catholique » signifie
« universel ». Comme la plupart des grandes religions, les
Églises catholiques prétendent donc à cette universalité.
L’Église d’Occident
est devenue « catholique » et « romaine » à la
suite d’une séparation en 1054, le « Grand Schisme », qui
a eu lieu entre elle et les Églises d’Orient; les Églises d’Orient
ayant transféré leur siège social en conséquence (à
Constantinople), l’Église catholique d’Occident a conservé le sien
à Rome tout en conservant son même chef, le pape. Il existe néanmoins
quelques églises de rite oriental qui ne sont donc pas
« romaines » mais qui sont dites « catholiques »
parce qu’elles reconnaissent l’autorité du pape : l’Église
catholique ukrainienne, l’Église maronite du Liban et l’Église
roumaine de rite oriental. Depuis l’époque du Grand Schisme, de
nombreuses autres Églises chrétiennes en Occident se sont séparées d’avec
la grande Église catholique romaine d’Occident; elles ont cessé de
reconnaître l’autorité du pape et ne portent donc plus le titre de
« catholiques », ni de « romaines ». Ainsi en
est-il des Églises protestantes.
5. La religion
« catholique romaine » et quelques unes de ses croyances de
base
Les Églises
catholiques désirent bien démontrer, entre autres, qu’elles sont en
continuité avec le fondateur « désigné » par Jésus, soit
l’apôtre Pierre. L’Église « catholique romaine »,
celle dont le chef, ou « pape »,
réside au Vatican, insiste donc pour affirmer que l’apôtre Pierre
est bien celui à qui Jésus de Nazareth a confié la mission de
« bâtir son Église » après sa mort; cela fait donc partie
de ses croyances. Mais affirmer que seule l’Église catholique est en
continuité parfaite avec le Christ est davantage une interprétation ou
une croyance, qu’une lecture nuancée de la réalité historique. La
persistance de cette croyance est facilitée par le fait que c’est à
Rome où Pierre a prêché et est mort, et qu’à l’exception d’une
interruption d’environ un siècle où les papes ont préféré siéger
à Avignon en France plutôt qu’à Rome, c’est encore à Rome
aujourd’hui que réside le pape, le chef de cette Église catholique
romaine.
L’Église
catholique romaine issue de schisme de l’an 1054, se considère comme
la gardienne d’une longue tradition remontant jusqu’aux apôtres et
qu’elle appelle d’ailleurs la « Tradition » : la
Tradition est particulièrement riche en ce qui concerne l’origine, l’élaboration,
le développement, l’adoption et la consécration officielle des
croyances chrétiennes ou de ce que l’on appelle dans toute religion,
sa « doctrine ».
L’Église catholique a érigé un important système d’interprétation
autour de ses croyances et elle oblige ses membres à adhérer à
certaines qu’elle considère comme fondamentales; elle les désigne
sous l’étiquette de dogmes, ou « dogmes de la foi ».
L’Église
catholique romaine a érigé un important système d’interprétation
autour de ses croyances; elle oblige ses membres à adhérer
obligatoirement à certaines croyances qu’elle considère comme étant
fondamentales pour la foi chrétienne : elle désigne ces
dernières sous l’étiquette de « dogmes », ou
« dogmes de la foi ». C’est pourquoi l’on entend souvent
dire de l’Église catholique romaine, qu’elle est une Église
« dogmatique ». Comme pour toutes les croyances, les dogmes
ne sont pas des vérités qui peuvent être prouvées scientifiquement
et qui relèvent du savoir universel : mais les dogmes sont des
« vérités de foi », des croyances auxquelles les
catholiques romains sont tenus d’adhérer obligatoirement sous peine d’exclusion.
La religion
catholique romaine a conservé, de plus, un ensemble plus substantiel de
rites ou de rituels que la plupart des autres religions chrétiennes. C’est
ainsi que sa pratique rituelle retient toujours sept sacrements, ce qui
est rarement le cas dans les Églises chrétiennes protestantes.
Certaines difficultés de l’Église catholique romaine
au Québec
Les religions
qui ont élaboré des systèmes complexes de croyances ont parfois de la
difficulté à s’ajuster et à s’adapter aux changements culturels
et sociaux, surtout lorsque ces derniers interviennent rapidement. C’est
ce qui s’est passé au sein de l’Église catholique romaine au
Québec depuis près de 50 ans. Plusieurs reprochent à l’Église
catholique d’être dépassée, de ne pas être capable de tenir compte
des réalités actuelles. Le fait que l’Église catholique impose des
dogmes incite aussi plusieurs à croire que l’Église catholique a
tendance à les infantiliser.
On affirme
généralement de la religion catholique romaine qu’elle est la
religion traditionnelle des Québécois; en réalité, elle l’est
devenue principalement au XIXè siècle; on découvre maintenant qu’un
nombre non négligeable des premiers colons québécois étaient
protestants : huguenots, calvinistes… C’est principalement pour
des raisons sociales et politiques que la plupart des Québécois se
sont rangés derrière l’Église catholique romaine par la suite. À l’exception
des Irlandais, les anglophones qui se sont installés par la suite au
Québec étaient protestants; ce bon voisinage avec les protestants, en
particulier en milieu urbain, n’est pas sans interroger les
catholiques sur le « dogmatisme » de leur religion.