Paroisse La Résurrection
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(Québec) Canada
Maison d'entraide Saint-Alphonse
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Diocèse St-Jean-Longueuil


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Croissance de la foi des adultes

Le texte qui suit a été écrit par un laïc, Pierre Lépine, qui a toujours réfléchi à sa foi, écouté les opinions des autres et fait des lectures personnelles pour alimenter sa réflexion.

Un comité d'orientation mis sur pied pour l'évolution du contenu du site, a stimulé la réflexion de Pierre et l'a incité à produire ce texte.

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Qu'est-ce que croire?

- Croire

- De certaines catégories de croyances

  1. Les croyances sur soi-même

  2. Les croyances sur les autres

  3. Les croyances sur notre univers

- Les croyances organisées en systèmes autonomes

  1. Les systèmes organisés de croyances

  2. Les systèmes de croyances et les idéologies

- Les religions et leurs croyances

  1. Une définition de la religion

  2. De quelques considérations générales sur les religions

  3. Les religions chrétiennes et quelques unes de leurs croyances de base

  4. Les religions catholiques et quelques unes de leurs croyances de base

  5. La religion catholique romaine et quelques unes de ses croyances de base

- Faut-il croire?

Croire...

1. Croire n'est pas savoir

2. Savoir, c'est adhérer à des énoncés qui sont considérés comme vrais par tous

3. …tandis que croire, c’est adhérer à des croyances

4. Croire est nécessaire: avant de savoir, il faut commencer par croire

5. Le paradoxe des croyances...

6. Les vérités de foi

7. La liberté d'adhérer ou de refuser les croyances

Croire n’est pas savoir.

Croire, ce n’est pas savoir. Entre croire et savoir, il y a des ressemblances et il y a des différences. Dans les deux cas, on adhère à des énoncés qui nous paraissent vrais; mais la vérité de ces énoncés n’est pas la même selon qu’il s’agit de connaissances qui relèvent du « savoir universel », ou de connaissances qui appartiennent au domaine de la « croyance » ou de la « foi ».


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Savoir c’est adhérer à des énoncés qui sont considérés comme vrais par tous…

 Savoir, c’est connaître la réalité au moyen d’énoncés qui sont considérés comme vrais par tout le monde; on a alors affaire à des connaissances qui font partie du « savoir universel »; il s’agit de connaissances qui peuvent être démontrées comme vraies et exactes par l’observation scientifique ou par le recours à la raison; c’est d’ailleurs l’objet de la science en général, aussi bien des sciences humaines que des sciences exactes, que de démontrer la véracité et l’exactitude des énoncés ou des affirmations qui font partie de la connaissance universelle.

Pour illustrer la différence entre savoir et croire, prenons l’exemple de l’existence de Dieu. Il est faux de dire « je sais que Dieu existe », parce que l’existence de Dieu n’est pas un énoncé auquel tous accordent la même vérité; cet énoncé ne fait pas partie du savoir universel. On peut dire cependant « je crois que Dieu existe », ou selon la formule consacrée, « je crois en Dieu ». Entre « savoir » et « croire », il y a donc véritablement une différence.

 
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…tandis que croire, c’est adhérer à des croyances.

Croire, c’est « adhérer » à une ou à des « croyances ». Contrairement aux connaissances « vraies » qui font partie du « savoir universel », une croyance est une connaissance qui ne peut pas être prouvée scientifiquement, une réalité dont la véracité ne peut pas être démontrée hors de tout doute en utilisant les méthodes habituelles de la science et de la raison. Une croyance ne peut donc pas s’imposer par sa véracité et même lorsqu’une croyance semble être acceptée comme telle d’une façon presqu’universelle, on ne peut pas affirmer qu’elle est vraie du simple fait que le plupart des gens y croient; une croyance demeure une croyance tant qu’elle ne peut pas être démontrée et prouvée.

Quand on adhère à des croyances, que ce soit d’une façon spontanée ou en toute connaissance de cause, on y adhère de la même manière que lorsque l’on adhère aux autres connaissances qui font partie du savoir, c’est-à-dire « comme si » elles étaient vraies. D’ailleurs, ceux qui adhèrent à des croyances considèrent effectivement que pour eux, elles constituent une vérité; il s’agit alors pour eux de « vérités de foi »; mais même lorsqu’on la qualifie de « vérité de foi », une croyance demeure une croyance et elle ne peut pas être considérée comme une vérité qui fait partie du domaine du savoir universel.


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Croire est nécessaire : avant de savoir, il faut commencer par croire.

Croire est une des premières formes de connaissance : c’est même une nécessité, pour tout être humain au début de sa vie, que de croire; l’enfant doit croire à ce que ses parents lui disent ou lui enseignent au risque de courir un certain nombre de dangers. Personne n’a la connaissance infuse et on ne peut pas exiger, au début de chaque apprentissage, que tout ce que l’on apprend nous soit démontré scientifiquement. L’enfant, et même l’adulte, adhère donc généralement à des énoncés qui lui paraissent vrais en ayant la conviction qu’ils pourront éventuellement lui être démontrés.

Rendu au stade adulte, ou encore arrivé à ce que l’on appelle « l’âge de la raison », on peut commencer à douter de certains énoncés dont la vérité ne nous apparaît plus aussi certaine; on découvre alors qu’ils appartiennent au domaine de la croyance; cela ne signifie pas automatiquement que l’on doive cesser d’y adhérer. Il y a toutes sortes de raisons pour lesquelles on peut vouloir conserver des croyances, les développer, ou même adhérer à de nouvelles : pour leur pouvoir d’explication d’une réalité qui est la nôtre, par exemple, pour leur pouvoir à nous motiver dans ce que nous voulons réaliser, pour leur capacité à nous rendre heureux, etc.

Adhérer sciemment à des croyances, c’est faire « acte de foi ».  Normalement, le croyant adulte dans sa foi, est capable de faire la différence entre ce qui relève de sa foi ou de ses croyances, et ce qui relève des connaissances exactes, du savoir universel. Le croyant sincère saura reconnaître que les « énoncés de foi » auxquels il adhère ne font pas partie du domaine de la « pure vérité », du domaine des connaissances irréfutables; en conséquence, il acceptera la légitimité du doute de ceux qui refusent d’adhérer aux mêmes croyances que lui. Car s’il est légitime d’adhérer à des croyances de bonne foi et en toute connaissance de cause, il est légitime aussi, pour ceux qui ne croient pas en leur réalité, de ne pas y adhérer.

 
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Le paradoxe des croyances c’est de nous faire « croire » qu’elles appartiennent au domaine de la vérité au même titre que les autres savoirs.

Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de distinguer entre ce qui fait partie du savoir universel et ce qui fait partie de l’univers des croyances. Car, lorsque nous adhérons à des croyances, nous les intégrons si bien que souvent il nous devient difficile de savoir si leurs énoncés se sont imposés à nous parce qu’ils font partie du savoir universel, ou s’il s’agit d’énoncés pour lesquels nous avons adhéré par un « acte de foi ». Car nous avons toujours l’impression, finalement, de n’adhérer qu’à des vérités. Et c’est bien là le paradoxe des croyances : c’est de nous faire croire qu’elles appartiennent au domaine du savoir universel et des connaissances exactes et qu’elles peuvent être prouvées scientifiquement. Il est normal de constater aussi que plus il y a de gens qui adhèrent à une croyance, plus la croyance semble être vraie, plus on a tendance à croire qu’elle appartient au domaine de la vérité, du savoir universel; or une telle popularité ne constitue pas en soi, une preuve de sa véracité.

 
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Il y en a qui considèrent que certaines croyances ne peuvent pas être contestées, puisqu’il s’agit de « vérités de foi »; or l’expression même  « vérité de foi » implique bien que l’on se situe dans le domaine de la foi, dans le domaine des croyances.

Il y a des personnes qui considèrent que les croyances ne doivent pas être contestées puisqu’il s’agit de vérités de foi; or l’expression même « vérité de foi » indique bien qu’il s’agit de connaissances qui relèvent du domaine de la croyance. Une connaissance scientifique peut être  contestée : il s’agit d’en faire la démonstration pour qu’elle s’impose; une croyance, par contre, se propose à notre intelligence, mais elle ne peut s’imposer comme telle à la raison puisque l’on ne peut pas en démontrer son authenticité; on est donc toujours libre soit d’y adhérer, soit de la contester ou soit de la rejeter sans plus.

 
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Il y a des avantages personnels à adhérer à certaines croyances; mais c’est en toute liberté que l’on doit pouvoir y adhérer ou refuser d’y adhérer.

Il peut paraître irrationnel d’adhérer ou de continuer à adhérer à une croyance après avoir découvert que cela relevait du domaine de la foi et non pas du domaine du savoir universel. Pourtant, c’est un choix personnel qui peut s’avérer être un choix judicieux pour celui qui y adhère. Car les croyances ne sont pas sans certains mérites : par exemple, elles exercent un certain pouvoir d’explication de la réalité pour ceux qui y adhèrent; elles éclairent les choix  qui les aident à mieux diriger leur vie personnelle ou leur vie sociale; elles peuvent enfin contribuer à rendre plus heureux.


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Texte créé 05-12-02