Croissance
de la foi des adultes
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Le
texte qui suit a été écrit par un laïc, Pierre Lépine,
qui a toujours réfléchi à sa foi, écouté les opinions des
autres et fait des lectures personnelles pour alimenter sa
réflexion.
Un
comité d'orientation mis sur pied pour l'évolution du contenu
du site, a stimulé la réflexion de Pierre et l'a incité à
produire ce texte. |
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Qu'est-ce que croire?
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Les croyances sur soi-même
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Les croyances sur les autres
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Les croyances sur notre univers
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Les systèmes organisés de
croyances
-
Les systèmes de croyances et
les idéologies
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-
Une définition de la religion
-
De quelques considérations
générales sur les religions
-
Les religions chrétiennes et
quelques unes de leurs croyances de base
-
Les religions catholiques et
quelques unes de leurs croyances de base
-
La religion catholique romaine
et quelques unes de ses croyances de base
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Croire...
1. Croire n'est pas savoir
2. Savoir, c'est adhérer à des énoncés
qui sont considérés comme vrais par tous
3. …tandis que croire, c’est adhérer
à des croyances
4. Croire est nécessaire: avant de savoir,
il faut commencer par croire
5. Le paradoxe des croyances...
6. Les vérités de foi
7. La liberté d'adhérer ou de refuser les
croyances
Croire n’est pas savoir.
Croire,
ce n’est pas savoir. Entre croire et savoir, il y a des ressemblances
et il y a des différences. Dans les deux cas, on adhère à des
énoncés qui nous paraissent vrais; mais la vérité de ces énoncés n’est
pas la même selon qu’il s’agit de connaissances qui relèvent du
« savoir universel », ou de connaissances qui appartiennent
au domaine de la « croyance » ou de la « foi ».
Savoir c’est adhérer à des
énoncés qui sont considérés comme vrais par tous…
Savoir, c’est connaître la réalité au moyen d’énoncés
qui sont considérés comme vrais par tout le monde; on a alors affaire
à des connaissances qui font partie du « savoir
universel »; il s’agit de connaissances qui peuvent être
démontrées comme vraies et exactes par l’observation scientifique ou
par le recours à la raison; c’est d’ailleurs l’objet de la
science en général, aussi bien des sciences humaines que des sciences
exactes, que de démontrer la véracité et l’exactitude des énoncés
ou des affirmations qui font partie de la connaissance universelle.
Pour
illustrer la différence entre savoir et croire, prenons l’exemple de
l’existence de Dieu. Il est faux de dire « je sais que Dieu
existe », parce que l’existence de Dieu n’est pas un énoncé
auquel tous accordent la même vérité; cet énoncé ne fait pas partie
du savoir universel. On peut dire cependant « je crois que Dieu
existe », ou selon la formule consacrée, « je crois en Dieu ». Entre
« savoir » et « croire », il y a donc
véritablement une différence.
…tandis que croire, c’est
adhérer à des croyances.
Croire,
c’est « adhérer » à une ou à des
« croyances ». Contrairement aux connaissances
« vraies » qui font partie du « savoir
universel », une croyance est une connaissance qui ne peut pas
être prouvée scientifiquement, une réalité dont la véracité ne
peut pas être démontrée hors de tout doute en utilisant les méthodes
habituelles de la science et de la raison. Une croyance ne peut donc pas
s’imposer par sa véracité et même lorsqu’une croyance semble
être acceptée comme telle d’une façon presqu’universelle, on ne
peut pas affirmer qu’elle est vraie du simple fait que le plupart des
gens y croient; une croyance demeure une croyance tant qu’elle ne peut
pas être démontrée et prouvée.
Quand
on adhère à des croyances, que ce soit d’une façon spontanée ou en
toute connaissance de cause, on y adhère de la même manière que
lorsque l’on adhère aux autres connaissances qui font partie du
savoir, c’est-à-dire « comme si » elles étaient vraies.
D’ailleurs, ceux qui adhèrent à des croyances considèrent
effectivement que pour eux, elles constituent une vérité; il s’agit
alors pour eux de « vérités de foi »; mais même lorsqu’on
la qualifie de « vérité de foi », une croyance demeure une
croyance et elle ne peut pas être considérée comme une vérité qui
fait partie du domaine du savoir universel.
Croire est nécessaire :
avant de savoir, il faut commencer par croire.
Croire
est une des premières formes de connaissance : c’est même une
nécessité, pour tout être humain au début de sa vie, que de croire;
l’enfant doit croire à ce que ses parents lui disent ou lui
enseignent au risque de courir un certain nombre de dangers. Personne n’a
la connaissance infuse et on ne peut pas exiger, au début de chaque
apprentissage, que tout ce que l’on apprend nous soit démontré
scientifiquement. L’enfant, et même l’adulte, adhère donc
généralement à des énoncés qui lui paraissent vrais en ayant la
conviction qu’ils pourront éventuellement lui être démontrés.
Rendu
au stade adulte, ou encore arrivé à ce que l’on appelle « l’âge
de la raison », on peut commencer à douter de certains énoncés
dont la vérité ne nous apparaît plus aussi certaine; on découvre
alors qu’ils appartiennent au domaine de la croyance; cela ne signifie
pas automatiquement que l’on doive cesser d’y adhérer. Il y a
toutes sortes de raisons pour lesquelles on peut vouloir conserver des
croyances, les développer, ou même adhérer à de nouvelles :
pour leur pouvoir d’explication d’une réalité qui est la nôtre,
par exemple, pour leur pouvoir à nous motiver dans ce que nous voulons
réaliser, pour leur capacité à nous rendre heureux, etc.
Adhérer
sciemment à des croyances, c’est faire « acte de foi ». Normalement, le croyant adulte
dans sa foi, est capable de faire la différence entre ce qui relève de
sa foi ou de ses croyances, et ce qui relève des connaissances exactes,
du savoir universel. Le croyant sincère saura reconnaître que les
« énoncés de foi » auxquels il adhère ne font pas partie
du domaine de la « pure vérité », du domaine des
connaissances irréfutables; en conséquence, il acceptera la
légitimité du doute de ceux qui refusent d’adhérer aux mêmes
croyances que lui. Car s’il est légitime d’adhérer à des
croyances de bonne foi et en toute connaissance de cause, il est
légitime aussi, pour ceux qui ne croient pas en leur réalité, de ne
pas y adhérer.
Le paradoxe des croyances c’est
de nous faire « croire » qu’elles appartiennent au domaine
de la vérité au même titre que les autres savoirs.
Il
est vrai qu’il n’est pas toujours facile de distinguer entre ce qui
fait partie du savoir universel et ce qui fait partie de l’univers des
croyances. Car, lorsque nous adhérons à des croyances, nous les
intégrons si bien que souvent il nous devient difficile de savoir si
leurs énoncés se sont imposés à nous parce qu’ils font partie du
savoir universel, ou s’il s’agit d’énoncés pour lesquels nous
avons adhéré par un « acte de foi ». Car nous avons
toujours l’impression, finalement, de n’adhérer qu’à des
vérités. Et c’est bien là le paradoxe des croyances : c’est
de nous faire croire qu’elles appartiennent au domaine du savoir
universel et des connaissances exactes et qu’elles peuvent être
prouvées scientifiquement. Il est normal de constater aussi que plus il
y a de gens qui adhèrent à une croyance, plus la croyance semble être
vraie, plus on a tendance à croire qu’elle appartient au domaine de
la vérité, du savoir universel; or une telle popularité ne constitue
pas en soi, une preuve de sa véracité.
Il y en a qui considèrent que
certaines croyances ne peuvent pas être contestées, puisqu’il s’agit
de « vérités de foi »; or l’expression même « vérité de foi »
implique bien que l’on se situe dans le domaine de la foi, dans le
domaine des croyances.
Il
y a des personnes qui considèrent que les croyances ne doivent pas
être contestées puisqu’il s’agit de vérités de foi; or l’expression
même « vérité de foi » indique bien qu’il s’agit de
connaissances qui relèvent du domaine de la croyance. Une connaissance
scientifique peut être contestée :
il s’agit d’en faire la démonstration pour qu’elle s’impose;
une croyance, par contre, se propose à notre intelligence, mais elle ne
peut s’imposer comme telle à la raison puisque l’on ne peut pas en
démontrer son authenticité; on est donc toujours libre soit d’y
adhérer, soit de la contester ou soit de la rejeter sans plus.
Il y a des avantages personnels
à adhérer à certaines croyances; mais c’est en toute liberté que l’on
doit pouvoir y adhérer ou refuser d’y adhérer.
Il
peut paraître irrationnel d’adhérer ou de continuer à adhérer à
une croyance après avoir découvert que cela relevait du domaine de la
foi et non pas du domaine du savoir universel. Pourtant, c’est un
choix personnel qui peut s’avérer être un choix judicieux pour celui
qui y adhère. Car les croyances ne sont pas sans certains
mérites : par exemple, elles exercent un certain pouvoir d’explication
de la réalité pour ceux qui y adhèrent; elles éclairent les choix qui les aident à mieux diriger
leur vie personnelle ou leur vie sociale; elles peuvent enfin contribuer
à rendre plus heureux.
Texte créé 05-12-02