Paroisse La Résurrection
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(Québec) Canada
Maison d'entraide Saint-Alphonse
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Diocèse St-Jean-Longueuil


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Pourquoi est-il nécessaire d’évangéliser dans le Québec d’aujourd’hui ?

La semaine dernière, nous avons vu que la mission de la paroisse est d’être une communauté attirante qui va vers les autres pour leur proposer l’Évangile, leur proposer de croire au Dieu de Jésus Christ. C’est ce que nous appelons l’évangélisation.  Au Québec, ce mot a souvent été utilisé pour la mission en pays lointain, mission où les personnes ne connaissent pas l’Évangile et n’ont pas la foi au Dieu de Jésus Christ.  Si on regarde autour de nous, dans le Québec du 3e millénaire, n’est-ce pas ce qu’on rencontre ?  On l’associe aussi à ce que font les témoins de Jéhovah ou les églises évangélistes et nous avons alors certaines résistances.

Nous avons constaté que les gens ne venaient plus massivement vers nous.  On peut partir du décrochage des «babyboomers».  Pour cette génération il s’agissait de se libérer d’une autorité morale jugée trop contraignante.  Depuis, nous constatons que les générations suivantes n’adhèrent pas davantage.  Pourtant, elles n’ont pas connu cette emprise de l’Église sur leur vie.  Il ne s’agit plus simplement d’une protestation, il y a quelque chose de plus profond.  Même si beaucoup de gens continuent de demander les sacrements pour leurs enfants, cette demande est en constante diminution.  Par exemple, depuis que nous avons commencé la catéchèse en paroisse pour les sacrements d’initiation à la vie chrétienne que sont la confirmation et l’eucharistie, la demande a grandement diminué.  Seulement 25% de ceux qui seraient éligibles le font.  C’est la foi qui ne se transmet plus d’une génération à l’autre.  Vous êtes à même de le constater chez vos enfants et vos petits enfants.  Ils conservent un certain nombre de valeurs reliées à la foi chrétienne, mais ils semblent imperméables à la dimension spirituelle, communautaire et liturgique de la foi chrétienne.  Et le phénomène s’accentue d’une génération à l’autre.  Et, à défaut de moyens pour les garder vivantes, ces valeurs résisteront-elles à l’assaut de la société de consommation ?

Il y a quelques années, en 1999, pour être plus précis, un sondage sur les habitudes des Québécois révélait une hausse importante de l’incroyance.  Le taux était à 18 %, et après vérification, il avait augmenté d’un point en 2004.  Ce sondage révélait que 80 % des gens se disaient croyants, mais cela ne signifie pas une foi au Dieu des chrétiens.  Le visage de Dieu est multiple.   Seulement 45 % des gens disaient croire au Dieu de la tradition judéo-chrétienne et de ce nombre seulement 20 % disent avoir une relation personnelle avec Dieu et entretenir une vie de prière. Et si on parle d’appartenance à une Église, on baisse à 15 %.  Et, plus les gens sont jeunes, moins cette appartenance est forte.  Les dernières données de Statistiques Canada concernant le degré de religiosité des Canadiens confirment ces faits.  Vous pouvez les consulter sur leur site internet1.  Ainsi, les statistiques nous donnent une information objective qui confirme ce que nous constatons par expérience.  Oui les jeunes générations sont de moins en moins croyantes au Dieu de Jésus Christ.  On aurait beau changer nos liturgies, changer nos façons de nous rassembler, cela ne les attirerait pas davantage. Il leur manque les présupposés à nos rassemblements, la foi au Dieu de Jésus Christ, la relation personnelle à ce Dieu.  C’est cela qui ne s’est pas transmis.

La foi, nous le savons, est éminemment personnelle.  Personne ne peut l’imposer à qui que ce soit.  Toutefois, elle se partage.  Si nous croyons que la foi au Christ ressuscité est épanouissante pour l’être humain, si nous croyons qu’elle peut nous rendre heureux dès maintenant, si nous aimons les personnes qui nous entourent, nous avons là les meilleures raisons pour partager cette foi.  C’est comme notre recette de bonheur que nous avons le goût de partager.   C’est ce qui peut nous motiver à « évangéliser ».  Et qu’est-ce alors qu’évangéliserC’est tout simplement, « présenter quelqu’un qu’on aime, à quelqu’un qu’on aime ».  Oui, c’est présenter une personne que nous aimons au Dieu de Jésus Christ et c’est présenter le Dieu de Jésus Christ à une personne que nous aimons.  La foi, avant d’être des connaissances, est d’abord relation avec Dieu.  Il s’agit pour nous de favoriser cette relation.  Et cela, c’est la mission de chacun et chacune.  Et c’est faisable.  Seulement nous n’y sommes pas habitués.  Dans les prochaines semaines, nous verrons comment cela peut se réaliser.

Texte no. 2, (11 mars 2007) en vue du forum du 5 mai 2007
par Yves Le Pain, prêtre-modérateur

(1) Pour lire l'article complet, accédez le site de Statistiques Canada à l'adresse suivante: http://www.statcan.ca/bsolc/francais/bsolc?catno=11-008-X20060019181
puis cliquez sur "visualiser PDF" et suivez les instructions.


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